la Loire
 
 
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Légendes rurales, noms locaux et autres approches poétiques de la faune locale

 

Les noms locaux

Les légendes

Les espèces imaginaires

Notez bien : il n'y a ici aucun mépris pour ces interprétations anciennes, locales, etc... Au contraire, c'est plutôt un patrimoine qui se perd et qui est plein de poésie. Comment vivrait-on si nous n'avions qu'une approche uniquement scientifique ? Quelle tristesse. Bien-sûr on ne peut pas apprécier que ces interprétations servent parfois de prétexte pour chercher à détruire, mais quand on veut détruire on trouve toujours une raison.

Nous chercherons donc dans cette page à préserver un patrimoine local : quoi de plus joli que les dizaines de noms locaux donnés à un seul animal en fonction de sa couleur, de son chant, de l'accent local nom di diou, des croyances ma pauv'dame, etc...

Si vous en connaissez d'autres, contactez -nous (nature.couffe.oudon@orange.fr), interrogez vos anciens, vos tontons chasseurs, etc.... Ce sera passionnant.

Dans les Mauges, un livre de ce style a été réalisé : "la faune et la flaore dans le parler des Mauges" par Olivier Gabory.

 
Les noms locaux

Il y a les noms latins, qui servent à tous les scientifiques et naturalistes du monde à se comprendre quand ils parlent d'animaux. Car en effet si chacun donnait un nom différent selon sa langue ce serait hyper compliqué. Ce serait le b....

Selon les pays il y a parfois une liste des noms officiels dans la langue (il y a une liste officielle pour les noms d'oiseaux en français par exemple).

Et puis, il y a un patrimoine colossal de noms locaux donnés aux espèces. Parfois plusieurs noms pour une seule espèce ou un seul nom pour une quinzaine d'espèces (c'est encor eplus vrai en botanique). C'est un patrimoine qui se perd car il est très difficile de tout recenser puisque parfois les noms changent d'un village à l'autre, d'une famille à l'autre et, même des fois, on se demande si ça change pas d'un jour à l'autre pour la même personne :-)

Alors on va tenter ici d'en noter quelques-uns bin d'chez nous :

bergeronette grise
Le Hochequeue : c'est un nom très commun pour désigner les Bergeronettes qui, effectivement, hochent tout le temps de la queue. C'est pas bête.  
troglodyte mignon
Le Roitelet : le roitelet existe mais dans nos campagnes c'est le Troglodyte que l'on appele le Roitelet. Le "vrai" roitelet, de son nom officiel, est encore plus petit, beaucoup plus localisé et plus discret. il est lié aux résineux; il y a d'ailleurs deux espèces de Roitelets : le Roitelet huppé et le Roitelet triple bandeau. Ce sont les deux espèces d'oiseaux les plus petites d'Europe.  
 

La péchelette : Ouh la..... ça c'est très générique, ça sert à plein de choses. Pour certains ce sont les moineaux. Pour d'autres ce sont tous les petits oiseaux . Ce terme se retrouve dans le gallo.

Dans cet article très récent : cliquer ici. On lit un homme qui parle d'une péchelette comme quelque chose de "gris, plus petit que le Moineau".

 
foulque macroule
La judèle : c'est comme ça que les chasseurs appelent la Foulque macroule.  
épervier

L'Epervier : l'Epervier existe bien mais par ici c'est souvent le Faucon crécerelle que l'on appele l'épervier. Le Faucon crécerelle est le petit rapace que l'on voit souvent sur les bords des routes. Il fait du surplace en vol pour repérer les mulots et campagnols (ce qui aide donc l'agriculteur).

L'Epervier est beaucoup plus difficile à voir. Il mange des oiseaux et doit donc se comporter très différemment. Il rase le sol et les haies pour surprendre les oiseaux. Donc en général on l'aperçoit à peine pendant deux secondes. Il est sombre avec des ailes plus larges au bout plus arrondi.

L'Epervier a un grand frère : l'Autour des palombes qui a été fortement chassé jusqu'à sa protection en 76. Il a très largement régressé, pourtant c'était LE prédateur des pies et corneilles et autres oiseaux que les agrciulteurs n'aiment pas trop.

Aucun Autour n'a été noté ni sur Couffé , ni sur Oudon.

 
  L'Emouchet : terme assez flou aussi car il désigne les petits rapaces mouchetés sur le dessous. Ca désigne surtout l'Epervier mais parfois l'Autour, le Faucon crécerelle et parfois un Coucou qui passe. (Ce nom fut également donné à des avions).  
huppe fasciée
La boutte-boutte : nom donné à la Huppe fasciée en raison de son chant.  
La Grolle : nom donné très souvent à la corneille.
merle noir
Un mèle : c'est comme ça qu'on dit le merle an patois local. Et d'ailleurs les bretons appelent le Traquet motteux, "le Mèle de terrier", ce qui est pas bête car il niche effectivement dans des trous dans le sable et autres sols friables ou caillouteux. Mais bon, c'est pas un merle par-contre mais c'est vrai que c'est une silhouette assez proche.  
  La parèle : nom donné aux rumex en général. Bien connue en agriculture car elle est très présente et les animaux n'en veulent pas. Alors elle agace :-)  
chélidoine
L'éclair : c'est la Chélidoine, une plante commune qui aime bien els rocailles. Elle est proche des pavots. Comme eux elle fait un latex plein de substances chimiques actives. Ce latex seriait efficace contre les verrues.  
     

 

Grenouille agile

Grenouille agile

La rainette (et la pissouse) : elle aussi elle existe mais bien souvent quand on voit une grenouille agile dans l'herbe, on dit : "oh ! Une rainette" ou "oh, une pissouse". Mais, en fait les rainettes sont toutes petites, toutes vertes, avec des ventouses aux pattes et on les voit dans l'eau ou dans les branches mais rarament dans l'herbe et dans le sous bois.

rainette

Rainette arboricole

 
     
     
     
     
 
Les Légendes
 

 

Les fameux lachers de renards et de vipères :-)

NB : les lachers de serpents, notamment en hélicoptère, n'ont jamais existé. Imaginez le coût de location d'un hélicoptère, les autorisations de vol, le fait qu'il est interdit de transporter ces bêtes, etc, etc... (par-contre, ça a le mérite d'être rigolo ces légendes).

Il y a aussi le fait que leur squelette est hyper fragile : les lachers en hélico causeraient des pertes assez stupides après avoir passé un temps fou à élever ces bêtes et surtout à les multiplier, ce qui est déjà à peine faisable techniquement et, en tout cas, un travail colossale et coûteux. (et interdit).

Et qui s'amuserait à y consacrer tout ce temps, tout cet argent et, surtout,...... pourquoi ?

Par ailleurs tout cela est strictement interdit et il est bien étonnant que les garde-chasse n'aient jamais surpris personne : c'est pas très discret un camion plein de renards.

Et enfin un truc qui pose vraiment question : pourquoi en hélicoptère ? :-) Ce serait quand même tellement plus simple et moins coeteux en voiture :-) Mais bon, c'est plus rigolo en hélicoptère :-)

PS : dans les rumeurs rigolottes il y aurait eu deux semi-remorques de renards de lachés d'un coup en forêt du Gâvre. On admirera le gars qui dissimule un élevage gigantesque de renards ( en souterrrain forcément puisqu'il va pas aménager deux tunnels d'élevage en pleine nature puisque c'est interdit), dans le but de les lacher par série de deux semi-remorques :-) et de ne plus jamais les revoir, tout en sachant qu'ils vont se faire fusiller en masse par la suite........ !?!? Il faut être à la fois chômeur, milliardaire et ..... complètement idiot :-)

Mais pourquoi pas ?

 

En fait ce qui existe vraiment ce sont :

- les lachers de gibier : canards mais surtout perdrix, faisans, cailles, et par le passé : sangliers. Ces lachers sont effectués par les associations de chasse et les chasses privées dans le but de chasser les bestiaux par la suite.

- les lachers (rares) d'espèces en voie d'exctinction (quand la restauration de l'habitat ne suffit pas). Ce sont des espèces comme le Gypaètes, le Balbuzard il ya quelques années (ce fut d'aileurs un succès), le Percnoptère, c'est envisagé pour l'Outarde canepetière ou c'est partiqué pour le Saumon de Loire. Ces lachers sont réalisés par les associations en partenariat étroit avec les administrations car cela est (et c'est une bonne chose) très contrôlé. C'est une solution rare, la méthode largement plus répandue et le quotidien de la protection des epsèces c'est de tenter de protéger l'habitat d'un animal avant qu'il ne soit trop rare. Par ailleurs les lachers ne peuvent se faire que si l'habitat est suffisament restauré et si l'espèce n'est plus tiré (exemple d'échec avec l'ours, relaché mais toujours persécuté : il est déposé du miel avec de stessons de verre dans les Pyrénées : c'est intelligent non ? ).

- et les remises en liberté des espèces soignées en centre de soins (oiseaux marins mazoutés, rapaces blessés ou plombés, cigognes blessés ou plombés, etc...). NB : les centres de soins ne soignent pas les espèces dites "nuisibles" comme le renard puisque la loi l'interdit. Ni le gibier, car soigner un animal pour qu'il soit chassé la semaine suivante ce serait pas très cohérent. Ces lachers sont effectués par les centres de soin : ce sont des structures agréées comprenant obligatoirement un vétérinaire. Voir UFCS.

- et le plus important en terme de quantité : les lachers de poissons pour la pêche. Là il y a débat !

 

 

 

fantomas

Les fantômes : et oui, c'est une légende liée aux animaux sauvages.

Voilà pourquoi :

La Chouette effraie est celle qui rentre dans les greniers et qui s'approche de l'homme en général. Elle ne fait pas beaucoup de cris, elle est blanche et quand elle vole près de nous, elle ne fait vraiment aucun bruit, ce qui est toujours surprenant.

La Chouette hulotte fait un "hou hou" qu'on entend souvent et de loin... et on ne la voit pour ainsi dire jamais.

Alors, par le passé, on montait dans le grenier et une Chouette efrraie s'envolait soudain dans la lueur de la bougie et passait près de nous sans faire le moindre bruit (puisque son plumage est très spécial pour ne faire aucun bruit). Alors Brrr ! Ca faisait peur et on imaginait plein de trucs. Et puis on entendait "hou hou" la nuit.

Un truc blanc qui se déplace dans les greniers sans toucher le sol et qui fait hou hou, ça vous dit rien ?

 
     
cheveche

Les Chouettes qui annonceraient la mort :

Ba on espère pas parce qu'avec tout le temps que les naturalistes passent à les cotoyer... ils doivent plus en avoir pour longtemps :-)

En fait, par le passé, on se couchait très tôt dans les campagnes sauf..... quand on veillait les morts.

Alors, les gens restaient éveillés très tard la nuit, et cela, dans le plus grand silence, le mort n'étant jamais très locace. Et là..... les gens entendent et réentendent les chouettes bien plus que jamais puisque d'habitude, on dort bien vite parce que "ouh la c'est pas facile la vie dans les campagnes, la misère en lève du cul !". Donc on entendait bien plus de chouettes pendant qu'on veillait les morts, alors que d'habitude on avait pas le temps de les entendre....

Et voilà, comment il semblerait qu'on ait associé les chouettes et la mort. Et pourquoi on les a exterminées longtemps et qu'on les a clouées sur les portes des étables, etc... :-(

Mais rassurons ceux qui y croient encore : notre gestion des campagnes fait disparaître aujourd'hui ces animaux là (surtout la pauv' Chouette effraie et la Chouette chevêche) ;-)

 
     

épervier

L'Epervier

coucou

Le Coucou

Le Coucou qui devient Epervier

Je l'ai entendu mais je suis pas sûr que beaucoup de gens y croient. On m'a dit que le Coucou migrait trois fois en Afrique et que, la troisième année, il devenait Emouchet, c'est à dire Epervier.

Il est vrai qu'il y a des ressemblances et qu'ils se comportent un peu pareil : les deux rasent les haies pour suprendre les petits osieaux : l'Epervier les mange, le Coucou lui cherche à pondre dans leur nid.

Mais quand on bague un Coucou sauvage et qu'on le retrouve parois es années après...... et bien c'est toujours un Coucou. De plus, les éperviers font des nids, et il en sort..... des cou.... euh pardon..... des Eperviers :-)

Mais j'imagine le Coucou qui rentre dans une cabine téléphonqiue pour se transformer. Mais que va t-il devenir : il y a de moins en moins de cabines !!

 
     
 

La durée de vie des éphémères

Il existe un groupe d'insectes, les éphémères qui, effectivement ne vit la vie d'adulte (on parle pas d'adulte mais d'imago chez les insectes) que quelques jours. Ils n'ont d'ailleurs plus de bouche à ce stade puisqu'ils n'ont qu'une seule fonction : la reproduction. (ol les appele aussi les Francius dusoulierii)

Mais..... on ne peut pas dire qu'ils ne vivent qu'un jour ni même quelques uns, puisqu'ils ont déjà vécu de un à trois ans sous leur forme larvaire, dans l'eau.

Et, depuis, on a le réflexe d'appliquer cette rumeur à plein d'autres insectes tels que les papillons etc... mais là aussi il ne faut pas oublier que celui-ci a pu vivre plusieurs mois sous la forme d'une chenille et que, de plus, un papillon imago ("adulte volant") vit plusieurs semaines et jusqu'à plus de 6 mois puisque certains passent l'hiver.

 
     
Les espèces imaginaires
 

Le Nez de cochon et le Nez de chien

Il y aurait deux sortes de hérisson chez nous : celui à nez de cochon et celui à nez de chien, et seul celui à nez de cochon serait comestible... (au passage, il faut savoir que le hérisson est protégé et qu'il est donc interdit de le consommer).

En fait, ces deux sortes de Hérisson existent bien mais c'est le même espèce, à différents moments de l'année. Tout comme une marmotte (puisque les deux hibernent) le hérisson stocke de la graisse et est donc tout gros tout gros à l'automne. Il a alors un gros museau... d'où... le nez de cochon.

Puis il hiberne et se réveille tout maigrichon avec un nez tout amigri ...d'où ....le nez de chien.

Et bien-sûr c'est bien plus intéressant de le braconner à l'automne quand il y a plus à manger.

 

 

vipère aspic

Vipère aspic

Couleuvre vipérine

Couleuvre vipérine

Les multiples vipères qui vivraient chez nous.

Alors pour les vipères,on entend plein de choses : l'aspic rouge, l'aspic d'eau, la grande qu'est plus méchante, etc...

Il faudrait refaire un petit sondage pour savoir tout ce qui se dit, le sujet est intéressant.

Ce que dit la science aujourd'hui c'est qu'il n'y a qu'une espèce de vipère à Oudon, la Vipère aspic, qui ne va pas dans les milieux humides et encore moins dans l'eau. L'aspic d'eau est en fait une couleuvre : la Couleuvre vipérine. Vous pourrez vérifier : elle a l'oeil rond, elle mord sans crochet, etc... etc... Maisbon !? Encore faut'il en trouver :-(

Et pour ce qui est de la grande vipère rassurez-vous : dès que ça dépasse 60cm (au grand maxi 80cm), il s'agit d'une couleuvre ... ou bien d'un tuyau d'arrosage.

Mais c'est vrai que la couleur de la vipère aspic est très variable ce qui peut faire croire qu'il s'agit d'espèces différentes. De plus la Couleuvre vipérine ressemble franchement à la vipère ce qui l'aide à faire fuir les prédateurs : tout cela explique pas mal de difficultés à vraiment reconnaître ces bestioles. D'autant que, pour attraper la vipérine afin de regarder les yeux pour confirmer que c'est une couleuvre, ba faut quand même que quelqu'un vous ait bien montré avant parceque ça peut foutre les chocottes un peu.

Ceci-dit on entend l'histoire à Oudon, de gaillars qui péataient les enfants en se mettant des vipérines sur le dos nu en disant "regardez comme je suis fort.... je résiste aux morsures de vipère". Il y en avait donc quelques uns qui savaient bien ce qu'ils faisaient. :-)

On fera un sondage et on fera le point.

 
 

 

Le Dule

Animal très, très mystérieux dont on ne connait que l'habitat ....

Si quelqu'un possède des photos : merci de ne pas nous les adresser.