la Loire
 
 
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Nouveauté : Et encore une invasive !

On se met un peu à regarder les mollusques. Et le premier que l'on identifie (après Helix aspera, le pti gris que l'on mange et Arion rufus, la limace) c'est Corbicula ssp. (sans-doute Corbicula fluminea), la coque asiatique.

corbicula

Y'en a plein, plein partout sur les sables de la Loire. Elle a envahi ces milieux depuis les années 80 et fait conccurence aux autres bivalves (décidemment les grèves de Loire sont bourrées d'espèces introduites : c'était une niche écologique libre, alors forcément...).

 

La jussie en Vallée du Hâvre

une menace sérieuse pour l'écosystème

Actualité (janvier 2009) :

Très bonne année pour la lutte contre la jussie : l'été a été pourrie pour elle : niveaux d'eau trop élevés, froid, et la municipalité a pu l'attaquer tôt après que le club ait informé de la présence de spremières pousses. L'arrachage a pu se faire à la main avant que le volume de jussie devienne trop important, et l'intervention a pu être répétée à plusieurs reprises. Avec en plus un hiver très froid par là-dessus (la jussie déteste royaklment le gel puisque c'est une plante du sud de l'Amérique).

 

Plante américaine introduite pour décorer les aquariums et bassins d'ornement, la Jussie envahit les zones humides de l'ouest de la France depuis de nombreuses années. Elle détériore alors en profondeur les écosystèmes et coûte des millions d'euros d'interventions chaque année, interventions nécessaires pour le maintien de la navigation, des réseaux hydrauliques, de la pêche et des écosystèmes.

Malgrè les nombreuses alarmes cette plante n'a été interdite à la vente et au transport que très récemment, mais bon, cette interdiction est enfin venue, réjouissons nous.

Mais entre-temps la jussie a conquis les rives de Loire et la Vallée du Hâvre.

Voici une carte de colonisation de la jussie sur la vallée en cette fin d'août 2007 d'après quelques observations rapides

: jussie-contamination

Il ne faut surtout pas tenter de l'arracher soi-même au risque de provoquer des bouturages dont cette plante raffole. La faucher sur la rive est aussi une action qui la favorisera. Tout cela ne doit se faire que lors d'actions encadrées avec maintes précautions. La voici la vilaine :

la jussie

Mais elle peut avoir un autre aspect dans ses parties plus aquatiques :

feuilles de jussie

A ne pas confondre avec une espèce (espèce patrimoniale cette fois-ci) avec laquelle elle se mélange en vallée du Hâvre et qui a justifié en partie le classement de la vallée au titre du réseau natura 2000 : l'Hydrocharis des grenouilles :

hydrocharis

Elle forme comme des mini-feuilles de nénuphars. La jussie la conccurence directement et a pris plus de 50% des surfaces d'Hydrocharis sur la vallée. D'autres plantes remarquables sont noyées dans la Jussie à Oudon, comme la Châtaignes d'eau (aussi appelée la Mâcre) par exemple qui ne fait pourtant qu'un retour discret. (notez que la chataigne d'eau est devenue invasive en Amérique : c'est malin !).

chataigne d'eau

Or toutes ces plantes forment des habitats remarquables : par exemple de nombreuses libellules viennent pondre normalement dans ces végétations, comme ces Platycnemis qui pondent ici dans les Cératophylles qui accompagnent parfois les Hydrocharis du Hâvre :

ponte:

Ces libellules comme bien d'autres animaux et végétaux, notamment les poissons, perdent leur écosystème quand la Jussie se développe. Ils disparaissent en partie de la vallée.

Les ennemis de la Jussie ?

- les arrachages manuelles : organisés et encadrés par les collectivités ( interdit sinon au risque de la faire bouturer dans tous les sens)

- le courant

- l'ombre

- les hivers très rigoureux (prions pour des bons coups de rivière gelée en hiver)

 

Tout est développé dans ce document réalisé par le réseau régional de lutte contre la jussie.

   
   
Les espèces introduites
   

Puisque nous y sommes, faisons donc un petit tour des espèces introduites envahissantes, aujourd'hui deuxième raison de disparition des espèces dans le monde... après la destruction des habitats par l'homme (c'est quand-même nous les plus forts rassurons nous :-)).

En effet, depuis que l'homme voyage à travers le monde, il déplace volontairement ou involontairement des centaines d'espèces de végétaux, animaux et autres organismes vivants de toutes sortes. Beaucoup ne feront pas beaucoup d'esbrouffe mais certains vont se lacher, n'yant plus aucun prédateur ni aucune maladie ni contrainte climatique.

Allez ... un ou deux pour la route, parmi ceux qui posent problèmes :

La jussie, la myriophylle du Brésil, l'Azolla, le poisson-chat, le ragondin, le baccharis, l'écrevisse américaine, l'Ibis sacré qui traîne côté la Varenne mais qui doit bien se poser à Oudon des fois, la grenouille-taureau, le frelon du japon, la coccinelle de Chine, et même certaines de nos espèces, rares chez nous, qui sont devenues ingérables à l'autre bout du monde. :-) C'est LE Ba-Zar !

D'autres posent des problèmes plus discrets : le robinier faux-acacia ou encore le peuplier d'italie, bien mignons mais qui conccurencent des espèces locales. Les espèces locales qui accueillent elles des centaines d'espèces d'insectes alors que les arbres introduits ne servent à rien ou presque rien pour la faune locale. Cela ne se voit pas à l'oeil nu mais ça compte. Pas d'insectes dans l'arbre, pas de nourriture pour la chauve-souris du coin, pas de prédateur pour l'insecte ravageur de la culture.

 

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Bon allez, on se fait une petite liste de celles qu'on trouve à Oudon et Couffé (attention : toutes ne posent pas problème).

 

Jussie, poisson-chat, ragondin, rat-musqué, peuplier d'Italie, robinier faux-accacia, le Silure, le sandre (et oui ! Il est bien sympa le sandre, mais il est introduit, il vient de l'est), Pectinatella magnifica (ba ouais, il y a même des bryozoaires... mais apparemment ça ne pose aucun problème) :

pectinatella

la Lampourde glouteron (très répandue sur les bords de Loire à Oudon et décrite ici sur un site de la flore de ... l'Ontario), Echinocloa crus-galli (américaine aussi) :

echinocloa

... Paspalum paspalodes (une autre graminée), ou encore la tortue de Floride, ici dans le Hâvre :-(:

trachemys

etc, etc, etc ... On a de tout : des poissons (poisson-chat, black-bass, silure) , des mammifères (ragondins, rat musqué), des insectes, arbres (acacia) , graminées, oiseaux ... et tout ça... ce n'est jamais arrivé par les papattes des oiseaux mais bien par l'homme. D'ailleurs tout a commencé à partir du moment où l'homme a fait des allers et retours vers les autres continents : y'a pas de hasard.