la Loire
 
 
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Les haies bocagères

1- Les arbres morts sont vivants

2- Le rôle essentiel des haies pourtant si maltraitées

3- Et les têtards ?

4- Les essences qui se raréfient

5- Les essences envahissantes

6- Stop à la rumeur : le Lierre !

Les arbres morts sont vivants

 

Préserver les vieux arbres et les arbres morts, ca peut paraître suprenant mais c'est très important !

Une fois mort, un arbre va accueillir des mililers de larves d'insectes qui vont nourrir les oiseaux (Pic épeiche, Pic épeichette, Pic vert, Sittelle, Grimpereau...). Puis ces insectes vont se transformer et s'envoler : ils vont alors servir de nourriture à bien d'autres oiseaux, parfois à des centaines de mètres de l'arbre, et ils vont aussi nourrir les chauves-souris.

tetard

Or aujourd'hui les oiseaux insectivores et les chauve-souris se portent mal, entre-autres parce que les arbres morts sont tous supprimés car ils ont une mauvaise image.

Ainsi l'association Pics de France, Les Sittelles en colère, la Fédération des Pipistrelles, le Groupement Régional des Murins et la Ligue des légumes issus de l'agriculture "biologique" appelent à une manifestation pour le maintien des arbres morts à la campagne comme au jardin, les 24 et 25 novembre !!

Et les forestiers le disent aussi : sur le site de l'ONF.

La haie : le coeur et le poumon de nos campagnes
haie

Les haies sont le support essentiel de la vie dans le bocage.

La grande majorité des oiseaux locaux trouve les baies et les insectes pour se nourrir dans les haies. La grande majorité des insectes, dont nombre de papillons, trouvent leur nourriture et leur habitat dans les haies. La grande majorité des oiseaux ne peut faire de nid que dans cette partie du bocage : les parcelles n'accueillant que quelques espèces qui se comptent sur les doigts de la main. Les amphibiens ne peuvent se déplacer d'une mare à une autre que par les haies ou des bandes en herbes hautes ; sinon leurs populations s'isolent et ils ne peuvent plus alimenter de nouveaux sites ou restaurer un site d'où ils avaient disparu. Enfin les chauves-souris ont besoin de venir chasser au dessus des haies où de nombreux insectes leur permettent de s'alimenter la nuit et elles ont aussi besoin de s'abriter dans les vieux arbres. Et même chose pour nombre de mammifères, loires, lérots, écureuils, etc... elles améliorent même la faune du sol à plusisurs mètres vers les parcelles agricoles qu'elles bordent.

Les végétaux eux-mêmes sont en très grande majorité présents dans les haies : s'il n'ya plus de haies et il ne reste qu'un tout petit nombre d'espèces.

Ainsi les haies (associées aux mares) sont le coeur et les poumons de nos campagnes : sans elles, il n'y a presque plus aucune vie.

Mais elles retiennent aussi l'eau des pluies, limitant ainsi les crues. Elles arrêtent la terre emportée par l'eau et elles filtrent les pesticides et les nitrates, donnant au rivière une qualité bien meilleure, au bonheur de bien des poissons et de nous-mêmes, puisque nous buvons l'eau du robinet.

Mais les haies ont bien souffert, comme le montre le maillage bocager de l'est d'Oudon en 1949 :

bocage en 1949

... quand on le compare à celui d'aujourd'hui :

bocage en 2004

Non seulement la vie a en très grande majorité disparu (d'autant que des mares ont disparu et que le tout est arrosé de pas mal de pesticides) mais on constate aussi qu'il n'ya plus de cohérence paysagère. De très nombreux chemins ont disparu.

Le club a réalisé un document qui explique l'importance des haies et propose des méthodes d'entretien qui permettent de les maintenir, car elles disparaissent sur le bord des routes comme dans les champs. Cliquer ici pour le charger.

Mais chacun dans son jardin peut recréer une haie bocagère vivante. Il suffit de choisir des essences locales. Un noisetier ou un charme sont par exemple de réels sources de vie. Un cormier peut être planté pour pallier sa quasi disparition de nos campagnes, et les essences à baies nourrissent la faune et sont très jolies : nerpruns, bourdaine, viorne aubier, sureau noir pour faire des tartes et du vin, etc...

 
Les têtards, les trognes, les émonds .......

En deux mots, les "tétards", ou "trognes", ou bien encore les " émonds", sont des arbres dont on ne coupe que les branches hautes, et cela tous les 5 à 10 ans selon la vitesse de la pousse. Cela permet :

1- de faire du bois tout en laissant la haie sur pied (elle continue donc à jouer tous ses rôles paysagers, écologiques, son rôle dans le cycle de l'eau et ses atouts pour l'agriculture),

2- de créer des zones de fragilités sur l'arbre où des tas d'insectes vont s'installer, puis des chauves-souris, des mésanges, des chouettes, des huppes, tous ces animaux cavernicoles qui diminuent aujourd'hui entre-autres parce qu'ils ne trouvent plus ce genre de cavités, ni les insectes des arbres-tétards pour se nourrir.

arbre

et celui-là en plus il est presque mort : c'est donc un vrai HLM à 300 appartements pour la faune sauvage.

Alors "Frêne-tétard" dans la vallée de la Loire, "Chêne tétard" sur le bocage, coupés à 1m50 dans certaines régions, coupés à 6 mètres de haut dans d'autres, etc... (par exemple je trouve pas cette méthode là très jolie personellement, ma bon ...) : encore un sujet passionnant. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il existe carrément un centre européen des trognes. Mais hélas, ça n'empêche pas qu'on continue de les couper en quantité, comme si tout cela n'avait strictement aucune valeur. Or il est prouvé qu'ils ont un rôle favorable pour l'agriculture.

Quelques liens : ici, ici, et ici.

Les essences rares
Quelques essences locales très intéressantes sont aujourd'hui devenues assez rares, voie même menacées. Jetons-y un oeil au passage :

photos à venir

excusez le retard

Le Peuplier noir :

Il était auparavant le seul peuplier des bords de Loire. Comment le reconnaître ? Il a un port étalé un peu comme un chêne alors que le Peuplier d'Italie est droit comme un "i". Le danger pour ce magnifique arbre c'est qu'il se croise avec le peuplier d'italie, dominant, et disparaît peu à peu. Il reste quelques beaux spécimens à découvrir sur les bords de Loire.

A noter qu'il résite bien mieux au guy que le Peuplier d'Italie.

Le peuplier tremble ne se croise pas avec le peuplier noir et enfin le peuplier blanc est lui aussi introduit, dans les parcs et jardins au départ, mais il s'échappe.

Quelques liens : ici, ici, ici, et ici.

photos à venir

excusez le retard

Le Cormier :

C'est un arbre aux feuilles composées, comme le frêne, et on peut les confondre. Mais l'écorce très noire, a des crevasses très droites et il a des fleurs blanches au printemps. Mais surtout il a des cormes : de jolies petits fruits en forme de mini-poires.

Les cormes (les fruits) sont verts puis brun-rouge à maturité. Elles sont blettes et pas très très bonnes, mais les animaux sauvages les apprécient beaucoup et on peut tout de même en faire des confitures, des liqueurs, etc...

cormes

La particularité de son bois est d'être très dense : 800 à 900 kg/m3, (érable 650 kg/m3 ou 350 kg/m3 pour certains résineux). Il est aussi rigide et très très solide, dur à l'usure et ne bouge que très peu : ainsi il était très apprécié pour réaliser des instruments de mesure ou pour faire les dents des engrenages des moulins à eau.

Mais il est hélas de plus en plus rare, voire même menacé dans certaines régions ou pays. On en a repéré quelques uns sur Couffé et Oudon, alors on essaiera de faire quelques plants pour les donner à ceux qui souhaitent en mettre chez eux, dans une haie champêtre ou.... ce qui serait une très très bonne chose : dans le cadre de la restauration d'une ancienne haie bocagère.

Quelques liens : ici, ici, ici, ici, ici et ici.

   
Les essences envahissantes

Quelques autres essences ont par-contre été introduites. Et si elles sont très sympathiques, elles ont quand-même deux petits inconvénients que l'on ne peut pas ignorer :

- elles ne sont pas adaptées à la faune locale et ne sont donc pas des lieux de vie, pour les insectes notamment,

- et elles prennent la place d'autres essences locales parfois rares, qui accueillaient par-contre une faune importante. (c'est comme la Jussie mais pour les arbres).

robinier
L'acacia (en fait c'est le Robinier faux-acacia) est très sympathique mais de plus en plus envahissant. En effet il prend parfois la place des ormes, frênes, ou chênes qui accueillent une faune beaucoup plus diversifiée. Il est vrai qu'il serait bon de savoir le limiter par la coupe avant d'être débordé (d'autres exemples ont prouvé la grande dangerosité des espèces introduites aussi sympathiques soient-elles au premier abord).

Il est officiellement classé "invasif" dans de nombreux pays. En France, il envahit les bordures de route, les haies, et se développe dans certains bois. il a pour cela des avantages : il produit beaucoup de graines mais surtout (gros problème des espèces invasives) : il a peu ou pas de prédateurs : cela veut dire que rien ne l'arrête, mais ça veut dire aussi qu'il ne nourrit ou n'abrite pas les bestioles de nos régions.

Voici trois point essentiels ( Source "wikkipédia" site d'encyclopédie libre) :

  • " Il modifie les sols notamment dans des milieux rares abritant une biodiversité particulière. En effet, puisqu’il fixe l’azote de l’air, il s'installe notamment dans des milieux naturellement ouverts pauvres en nitrate. Quand le couvert végétal se referme et que le sol s'enrichit en nitrate les plantes rares spécifiques à ces zones disparaissent."
  • La chaîne alimentaire est rompue à la base. En effet les (animaux) phytophages européens ne sont pas adaptés aux plantes introduites. Une étude anglaise compare les arbres en fonction du nombre d’insectes phytophages connus qu'ils abritent. L'acacia ne nourrit que 2 insectes phytophages. En comparaison l'aubépine monogyne en nourrit 209 et les chênes pédonculés et sessiles en nourrissent 423.
  • L’acacia est en concurrence pour les pollinisateurs avec les autres plantes à fleurs. La quantité de fleurs qu’il produit entrave la reproduction des autres espèces qui disparaissent. "

En botanique, la plante qui s'appele vraiment "acacia" c'est le mimosa de nos jardins et ses cousins. On ne sait pas trop pourquoi on a appellé le robinier "l'acacia" ? Sans-doute parcequ'il a une légère ressemblance des feuilles avec certains mimosas.

Leur seul point commun c'est d'être de la même famille : les fabacées. Mais bon, c'est aussi la famille des petits pois et des trèfles, alors y'a pas de quoi leur donner tous le même nom non-plus. Non mais dis-donc : faut pas pousser Grand-mère dans les urticacées dis !

   

Mais si on veut vraimpent être clair sur les robiniers, les acacias et les mimosas, ça donnerait ça :

Déjà il faut savoir qu'il y a les noms latins, très précis et officiels ... et les noms français, qui sont donnés un peu plus au pti bonheur la chance (ainsi l'aspic d'eau est une couleuvre, ou bien encore ce que l'on appele le bouton d'or c'est en fait 7-8 espèces différentes, etc ...) mais ce n'est pas un mal : c'est très intéressant tous ces noms (voir ce bel ouvrage : "faune et flore dans le parler des mauges" : ici ).

Alors... en français et en latin... comme à la messe :

- il y a la famille des Fabaceae (des légumineuses en français) c'est une énorme famille avec des arbres, des petites plantes et tout et tout. Et ça fait entre 12 000 et 18 000 espèces. Le Robinier, le mimosa et les acacias en font en effet partie. Mais de là à les appeler pareil euh !???

- puis il y a la sous-famille des Mimosoidées (mimosoideae en latin) dont font partie les mimosa et les acacia mais pas le Robinier (qui est un robinia dans la sous-famille des Faboidés ). Tout cela parce que le Robinier a une fleur en forme de papillon alors que les mimosoidées, pas du tout. C'est pour ça que le Robinier n'est pas un acacia.

- puis dans les mimosoidées il y a les acacias et les mimosas. Mais le acacia de nos jardins, on s'est pas embêté : on l'a appelé mimosa parce que bon c'est quand même très proche et pi je sais pas pourquoi !? Et pi c'est quand-même plus rigolo de fair encore plus compliqué. non ?

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Autres essences d'arbres invasives qui gagnent du terrain et dont il va falloir se méfier (c'est ce qui avait été dit pour la Jussie, le poisson-chat ou le Bacharris et personne n'avait pris ça très au sérieux : le résultat est là) :

le Chêne rouge d'Amérique (Quercus rubra) gagne du terrain en Europe, l'Ailante (Ailanthus altissima), le Rhododendron (Rhododendron ponticum) ou le cerisier tardif, (Prunus serotina L.), ou encore le Févier d'Amérique (Gleditsia triacanthos). Méfiance aussi avec les lauriers : quand il en pousse dans la nature ne pas hésiter à les couper, sinon il se développera lui-même et commence à pousser spontanément dans les milieux naturels.

 
Quelques liens sur les espèces invasives : ici, ici, ici,et ici.
 

Le Lierre ... et bin c'est super !

 

Ah non !!! J'ai encore entendu dire qu'il fallait couper le lierre pour protéger les arbres (... tourne toi donc que je te botte les fesses).

Le lierre n'abîme absolument pas les arbres : il n'est pas un parasite : il tire la sève du sol et non de l'arbre. Et il n'étouffe pas du tout l'arbre qui ne respire pas par l'écorce (et d'ailleurs on respire très bien sous un lierre c'est pas king-kong non-plus).

Par-contre le lierre accueille plein d'animaux, insectes, araignées, nid d'oiseaux, et ces insectes servent de nourriture comme les baies du lierre qui ont la particularité de frutifier en hiver là où les animaux manquent de nourriture.

Tout est là : sur une page des "refuges LPO" :

lierre et refuges lpo

Ou là aussi !

Euh par-contre du lierre sur un vieux mur de maison, ba c'est vrai que ça fusille le mur parceque ça s'insère entre les pierres : soyons raisonnables ... Mais sur un mur dans un jardin c'est très beau et ça grouille de vie.

 

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